Un conflit semble imminent entre le gouvernement de Ousmane Sonko et les diplômés du cycle B de l'École nationale d'administration (ENA) concernant un projet de décret modifiant le décret N°77-880 du 10 octobre 1977 sur le statut des fonctionnaires de l'Administration générale, souffle L’Observateur. Le projet, affirme le quotidien du Groupe futurs médias (Gfm), présenté le 27 mars 2025 pour examen le 3 avril, a rapidement suscité «une forte opposition» de l'Inter-amicale des diplômés de l'ENA, qui considère «cette modification comme une atteinte à la dignité et à la reconnaissance des diplômés de l'école».
Repris par la même source, ils estiment que la création de nouveaux corps dans la fonction publique, comme les conseillers en gestion des ressources humaines, «relègue les diplômés de l'ENA à un rang inférieur dans la hiérarchie de l'administration», pointant un «manque de considération pour leur expertise ».
En face, le gouvernement justifie cette réforme en soulignant «les limites du décret de 1977, notamment son inadéquation avec les besoins actuels de l'administration».
Selon le rapport du Premier ministre, «la réforme vise à moderniser la gestion des ressources humaines dans le cadre de l'agenda ‘Sénégal 2050´ et à améliorer la transparence, la performance et la responsabilisation dans la gestion publique». «Cette révision est nécessaire pour optimiser l'efficacité de l'administration en réponse aux évolutions institutionnelles récentes», martèle le chef du gouvernement.
Le bras de fer pourrait s'intensifier si une solution rapide n'est pas trouvée. En alertant Ousmane Sonko sur
les conséquences de cette réforme sur la carrière des diplômés de l'ENA, l’Inter-amicale exprime son désir de négocier, glisse L’Observateur tout en faisant savoir qu’une rencontre est envisagée avant la date d'examen du projet.
«Cette modification ne se justifie pas. Ce nouveau projet n’est pas opportun. Le Premier ministre semble être conscient de cela et serait dans des dispositions de retirer ce projet en attendant qu’on ait des discussions approfondies sur ça avec le gouvernement», croit savoir un des responsables de l’Inter-amicale, qui s’est confié dans l’anonymat à L’Observateur.
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